Transcription
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Monseigneur, j’ai gardé la précédente depuis le XVII jusques aujourd’huy XXVIIIe
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à cause de la maladie de ce porteur, laquais de monsieur d’Allières.
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J’ai depuis sceu par lettres de monsieur le président comme vous estes
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d’accord avecq monsieur de Monrigaud, c’est-à-dire avecq luy et
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monsieur du Molard pour IIIIm livres à partir par moytié entre eux,
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dont je suis très ayse par ce que, outre ce que tout appoinctement
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est meilleur qu’un tel procès qui ne pouvoit estre que de longue
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durée et grande despense, aussi bien que s’il se fust agi
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de plus grand cas, vous scavés qu’il ne va pas loing du calcul
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de maître Girard. Outre l’incommodité que ce vous eust couté
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d’avoir un parier en ce lieu de Laval surtout à la maison,
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encore que de droit, il eust esté raisonnable de ne faire division
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mais tous jugemens sont hazardeux. Vous n’avés pas peu
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fait de nectoyer ainsi votre bien. Je désyre que vous en
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puissiés bien tost faire de mesme de Bully. J’ai receu
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lettres de monsieur de Langes du XXIIIIe qui m’escrit attendre
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toujours monsieur d’Evènes. Il m’escrit de la sommation que l’ambassadeur
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d’Espagne avoit faict au roy de désabvouer ses subiectz
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qui sont allés en Flandres, et ce faisant les chastier et leurs
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biens, autrement qu’il luy dénonce la guerre. Cela nous
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fait estimer que nous ne pouvons tarder de scavoir à quoy
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nous en serons et cuyde que c’est ce qui retarde le despart
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de monsieur de Joyeuse pour venir sur la frontière. Dont il
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y a déia si long temps qu’il menace, encor que j’entendis
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hier que s’estant acheminé, il reboursa chemin pour avoir
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sceu que madame sa femme estoit à Lyon, revenant de
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la court. Quant aux nouvelles de ladite frontière, je ne veoy
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[v°] pas quelles pressent plus si fort,
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Monseigneur, je prie Notre Seigneur qu’il vous done en
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toute prospérité très longue vie.
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Le XXVIIIe juin
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Vostre très humble et très affectioné serviteur
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Bellievre
